Johnny Cash - Silver - 33T - CBS 1979

En 1979, Johnny Cash publie Silver, un album 33 tours paru chez CBS (Columbia aux États-Unis) le 13 août 1979 pour célébrer ses 25 ans de carrière — d'où ce titre en clin d'œil aux noces d'argent. Produit par Brian Ahern, il mélange reprises retravaillées et compositions inédites, dont un duo discret avec George Jones et une version électrisée de « (Ghost) Riders in the Sky » qui grimpera jusqu'à la 2e place des charts country américains. Mais au-delà du succès, Silver est surtout le dernier disque studio d'une équipe qui accompagnait Cash depuis ses tout débuts, et son histoire raconte un vrai tournant dans la carrière de l'Homme en Noir.

Pourquoi cet album s'appelle-t-il « Silver » ?

Le titre n'a rien d'un hasard marketing : en 1979, Johnny Cash fête très exactement 25 ans depuis ses premiers enregistrements chez Sun Records à Memphis, au milieu des années 1950. Dans la tradition anglo-saxonne, un 25e anniversaire se célèbre par l'argent (« silver jubilee »), d'où ce nom sobre et symbolique pour un disque pensé comme un bilan de carrière.

L'album a été enregistré entre février et mai 1979, dans une période où Cash cherche justement à se réinventer après plusieurs années de ventes en baisse. Silver atteindra la 28e place du classement Billboard Country Albums, un résultat honorable sans être un triomphe, porté surtout par le succès du single « (Ghost) Riders in the Sky ».

Qui a produit ce disque, et pourquoi sa méthode a-t-elle fait débat ?

La production est confiée à Brian Ahern, alors connu pour son travail avec Emmylou Harris. Son approche, plus feutrée et instrumentée que les productions country traditionnelles de Nashville, introduit des éléments jugés « modernes » pour l'époque — au grand dam d'une partie du public qui attendait un Cash plus brut. On y entend notamment Ricky Skaggs au violon, futur pilier du bluegrass, ainsi que les harmonies de June Carter Cash, Helen Carter et Anita Carter.

Selon la fiche détaillée consacrée à l'album sur Wikipedia, ce parti pris de production reste l'un des points les plus commentés du disque encore aujourd'hui, certains critiques saluant son audace quand d'autres regrettent l'abandon du son rugueux des débuts.

Que raconte le duo secret avec George Jones sur « I'll Say It's True » ?

Parmi les compositions originales de l'album figure « I'll Say It's True », écrite par Rodney Crowell — guitariste sur les sessions et, depuis le 7 avril 1979, tout juste devenu le gendre de Johnny Cash en épousant sa fille Rosanne. George Jones y prête ses chœurs, dans une collaboration restée relativement confidentielle puisque son nom n'apparaît qu'en petits caractères sur la pochette d'origine.

Sorti en single à l'automne 1979 (couplé à « Cocaine Blues » sur la face B), le titre grimpera jusqu'à la 42e place du classement country américain, comme le détaille la page que Wikipedia consacre à ce morceau. Une performance modeste, mais un document rare : c'est l'une des toutes premières fois que Cash et Jones, deux géants de la country que tout oppose en tempérament, apparaissent ensemble sur un même disque.

Que dit la critique sur cet album, et qu'est devenu « Cocaine Blues » ?

À sa sortie, l'accueil critique reste plutôt favorable compte tenu de la période difficile que traverse alors Cash côté ventes. Le magazine Rolling Stone écrira en février 1980 que Silver « boasts the strongest song selection of any Cash disc in probably a decade » (« présente la sélection de chansons la plus solide de n'importe quel disque de Cash depuis probablement une décennie »), saluant au passage la nouvelle version de « Cocaine Blues ».

Ce titre n'a rien d'inédit dans le répertoire de Cash : il avait déjà été enregistré en public sur le mythique At Folsom Prison en 1968, et une version studio existait dès 1960 sous le titre « Transfusion Blues » sur l'album Now, There Was a Song!. Le retrouver ici, près de vingt ans plus tard, dans un habillage plus produit signé Ahern, permet de mesurer le chemin parcouru par l'artiste entre ses débuts et ce bilan de 1979.

En 2002, Legacy Recordings republie Silver avec deux titres bonus enregistrés en duo avec George Jones — « I Still Miss Someone » et « I Got Stripes » — absents de l'édition originale de 1979 que propose Ultra Disc. Cette réédition confirme, après coup, la complicité artistique amorcée discrètement sur « I'll Say It's True ».

Pourquoi ce disque marque-t-il la fin d'une époque pour Johnny Cash ?

Silver est le dernier album studio à réunir Cash avec son bassiste historique Marshall Grant, membre fondateur des Tennessee Two puis Tennessee Three depuis 1954. Grant quittera le groupe l'année suivante, en 1980, mettant fin à vingt-six ans de collaboration ininterrompue — une rupture douloureuse qui donnera même lieu à un procès entre les deux hommes. Écouté avec ce recul, l'album prend une tonalité presque testamentaire : c'est le son d'un groupe qui joue ensemble pour la toute dernière fois, sans le savoir encore.

La pochette intérieure de l'édition originale ajoute une touche personnelle rare chez Cash : elle reproduit une lettre manuscrite qu'il avait adressée à sa mère, où il revient sur ses débuts de chanteur dans les champs de coton de l'Arkansas. Un geste d'introspection qui correspond bien à un disque conçu comme un bilan.

L'exemplaire proposé chez Silver est un pressage néerlandais d'époque (référence catalogue CBS 83757), en état NM pour le disque et VG pour la pochette — une qualité de conservation appréciable pour un vinyle qui a maintenant 47 ans.

Voir si ce disque est disponible


Sources : Wikipedia (« Silver », album de Johnny Cash ; « I'll Say It's True » ; Marshall Grant) ; fiche produit Ultra Disc.

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