Annie Cordy - 50 Ans De Succès - Compilation CD 1998

Annie Cordy, chanteuse et meneuse de revue belge, a marqué la chanson française pendant plus d'un demi-siècle avec des tubes comme « Tata Yoyo » ou « La Bonne du Curé ». Sortie en 1998 chez Versailles (Sony Music), 50 Ans De Succès est la compilation CD qui célèbre pile ce demi-siècle de carrière, réunie en versions originales remasterisées. Vingt-cinq titres, deux duos mythiques et un inédit : ce disque condense l'essentiel d'une artiste qui a chanté près de 700 chansons en soixante-dix ans de scène.

1998 n'est pas une année anodine dans la vie d'Annie Cordy. C'est celle où elle fête, sur la scène de l'Olympia, ses 70 ans et ses 50 ans de carrière, et où elle publie ses mémoires sous le titre « Nini la Chance ». La compilation sort dans cette même dynamique commémorative, pensée comme un instantané de toute une vie de music-hall plutôt qu'un simple best-of promotionnel.

Qui était Annie Cordy avant de devenir « Tata Yoyo » ?

Née Léonia Juliana Cooreman le 16 juin 1928 à Laeken, en Belgique, elle grimpe sur scène dès l'enfance dans les cours de danse de François Ambrosiny avant d'être repérée par le Lido et de s'installer à Paris. En 1952, elle signe chez Pathé-Marconi et enchaîne les tubes : « Bonbons Caramels », « Fleur de Papillon », « La Tantina de Burgos ». Trois ans plus tard, elle décroche le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros pour « Oh Bessie ! » — la première d'une longue série de reconnaissances qui la mèneront jusqu'à l'anoblissement, en 2005, avec le titre personnel de baronne.

Pourquoi « La Bonne du Curé » a-t-elle fait basculer sa carrière en 1974 ?

Le titre qui ouvre véritablement l'ère des grands tubes populaires d'Annie Cordy, c'est « La Bonne du Curé ». Charles Level écrit les paroles en à peine une heure sur une mélodie de Tony Roval, et la chanson s'écoule à plus d'un million d'exemplaires, numéro un des ventes en France comme en Belgique. Le refrain « Dieu me pardonne, j'suis la bonne du curé » devient culte, porté par l'accent paysan et l'humour truculent du personnage qu'incarne 50 Ans De Succès à l'écoute — la chanson ouvre d'ailleurs le disque du côté des versions originales remasterisées, immédiatement suivie de « Tata Yoyo » selon La Libre.

D'où vient le personnage de « Tata Yoyo » ?

Sorti en 1980, « Tata Yoyo » dépasse à son tour le million de disques vendus et devient la chanson la plus associée au nom d'Annie Cordy. Le prénom du personnage viendrait d'une tante du co-auteur Jacques Mareuil, prénommée Yolande, mais plusieurs commentateurs y voient surtout un autoportrait à peine déguisé de la chanteuse elle-même, toujours en mouvement et un peu tête en l'air selon la RTBF. C'est l'un des sept titres sur les 25 que compte le disque à avoir dépassé le simple statut de tube pour devenir un marqueur générationnel, aux côtés de « Cho Ka Ka O » (1985) ou de l'exotique « Frida Oum Papa ».

Que racontent les deux duos présents sur ce disque ?

Deux duos jalonnent la tracklist et racontent chacun un pan différent de la carrière d'Annie Cordy. « Café, Tabac ! », enregistré avec Bourvil en 1965, est extrait de l'opérette « Ouah ! Ouah ! » et illustre leur complicité comique, déjà éprouvée au cinéma dans « Poisson d'avril » dix ans plus tôt. « Aïe, pourquoi on s'aime », avec Luis Mariano, date de 1963 et vient de l'opérette « Visa pour l'amour » : deux stars de la scène musicale française de l'époque, réunies pour un numéro plus tendre que comique. Ces deux titres rappellent qu'avant d'être une chanteuse de tubes, Annie Cordy est avant tout une femme de music-hall et d'opérette, format dans lequel elle a construit l'essentiel de sa notoriété des années 1950 aux années 1960.

Qu'apporte le titre inédit « Pince-moi, j'hallucine » ?

Le disque ne se contente pas de compiler l'existant : il s'ouvre sur « Pince-moi, j'hallucine », un titre alors inédit enregistré avec Le Grand Orchestre du Splendid pour l'occasion. Ce choix éditorial, placer un inédit en tête d'une compilation anniversaire plutôt qu'un tube archi-connu, donne à 50 Ans De Succès une identité propre : ce n'est pas qu'un objet de nostalgie, c'est aussi le témoin d'une artiste de 70 ans qui continue d'enregistrer et de se réinventer, quatre ans avant sa dernière tournée théâtrale et plus de vingt ans avant son ultime rôle au cinéma dans « Les Souvenirs » de Jean-Paul Rouve selon sa biographie.

Pourquoi cette édition de 1998 intéresse-t-elle les collectionneurs aujourd'hui ?

Contrairement à beaucoup de compilations sorties après la mort d'un artiste, celle-ci a été validée de son vivant, avec un titre inédit enregistré pour l'occasion : elle a donc une valeur de témoignage que les rééditions posthumes n'ont pas. Annie Cordy meurt le 4 septembre 2020 à Vallauris, d'un malaise cardiaque, à l'âge de 92 ans. Six mois plus tard, le plus long tunnel de Belgique, jusque-là baptisé « Tunnel Léopold II », est rebaptisé « Tunnel Annie Cordy » en hommage à la chanteuse. Ce genre de reconnaissance posthume relance régulièrement l'intérêt pour ses pressages originaux, notamment les compilations comme celle-ci qui rassemblent l'essentiel du répertoire sans repasser par des rééditions remixées ou incomplètes.

Au total, ce CD réunit 25 titres sur le label Versailles (référence catalogue VER 491668 2), pour une carrière qui aura vu Annie Cordy enregistrer plus de 700 chansons et donner près de 10 000 galas jusqu'à sa mort en 2020, à l'âge de 92 ans. Posséder 50 Ans De Succès, c'est tenir en main un instantané précis de ce parcours, arrêté au moment exact où l'artiste elle-même choisissait de regarder son propre demi-siècle de scène.

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Sources :

  • Annie Cordy — Wikipédia (fr.wikipedia.org)
  • « Comment sont nés les mégatubes d'Annie Cordy "La bonne du curé" et "Tata Yoyo" ? » — La Libre, 05/09/2020
  • « "Tata Yoyo" d'Annie Cordy est un autoportrait » — RTBF
Album cdAnnées 1990Annie cordyVariété française

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