John Miles - Rebel - Album 33T - Decca 1976

Sorti en mars 1976, John Miles - Rebel - Album 33T - Decca 1976 est le premier album studio du chanteur britannique John Miles, enregistré aux studios Abbey Road sous la direction du producteur Alan Parsons. C'est sur ce disque que figure « Music », le titre qui hissera Miles à la troisième place des charts britanniques et en tête des ventes néerlandaises la même année. Pressé en France par Barclay pour le compte de Decca (référence catalogue 200.299 / BA-253), cet exemplaire en très bon état (VG+/VG+) raconte à lui seul l'histoire d'un chanteur venu du nord-est de l'Angleterre, propulsé au rang de vedette internationale par une chanson écrite, selon sa propre légende, en une demi-heure à peine. Entre orchestrations soignées, ambitions art-rock et pochette devenue culte, ce disque dépasse largement le statut de simple support d'un hit unique.

Comment John Miles a-t-il rencontré Alan Parsons ?

Quand Decca signe John Miles à l'été 1975, le label lui présente un jeune ingénieur du son qui vient tout juste de participer à l'enregistrement de "The Dark Side of the Moon" de Pink Floyd : Alan Parsons. Le duo enregistre d'abord "Highfly", co-écrite comme la plupart des titres de l'album par Bob Marshall et John Miles, publiée en single et qui atteint la 17e place au Royaume-Uni, la 68e sur le Billboard américain et la 74e au Canada. Ce premier succès convainc Decca de financer un album complet : les sessions se déroulent en novembre et décembre 1975 à Abbey Road, avec Andrew Powell aux arrangements orchestraux, celui-là même qui signera plus tard les cordes de plusieurs classiques du rock progressif britannique. Cette collaboration ne s'arrêtera pas à Rebel : John Miles prêtera ensuite sa voix à plusieurs titres de l'Alan Parsons Project au fil des albums suivants, un fait rare pour un artiste venant tout juste de percer en solo.

Comment le tube « Music » est-il né en une demi-heure ?

Selon les propres mots de John Miles, "Music" a été écrite en une demi-heure à peine, initialement conçue comme une simple esquisse destinée à servir de base à d'autres chansons. Son caractère si particulier a finalement poussé Miles à la développer en un morceau à part entière. Le titre se distingue par un passage inhabituel en mesure à 7 temps (7/8), une audace rythmique rare pour un single promis aux radios grand public. En studio, Miles assure le chant, le piano, la guitare et le clavecin, épaulé par Bob Marshall à la basse et Barry Black à la batterie, le tout enveloppé par les cordes orchestrées par Andrew Powell. Le résultat grimpe à la 3e place du UK Singles Chart, prend la tête du classement néerlandais, atteint la 10e position en Allemagne et se hisse même à la 88e place du Billboard Hot 100 américain. Une réédition en 1982 aux Pays-Bas la ramènera à la 4e place des ventes. La chanson vaudra à Miles un Ivor Novello Award, la plus prestigieuse récompense britannique pour l'écriture de chansons. Preuve de sa longévité, "Music" connaîtra même une seconde vie en 2009 sous forme de version dance signée par le groupe belge Sylver, dont le guitariste n'est autre que John Miles Jr, le fils du chanteur — cette version se hissera à la 11e place des ventes en Belgique, bouclant la boucle familiale autour d'un titre écrit trente-trois ans plus tôt.

Pourquoi la pochette de « Rebel » évoque-t-elle James Dean ?

Le titre de l'album provient directement de sa pochette : John Miles y pose avec un fusil sur l'épaule, dans une posture qui rappelle explicitement James Dean, incarnation par excellence du rebelle au cinéma. La pose reproduit même, trait pour trait, celle de Martin Sheen dans "Badlands", le film culte de Terrence Malick sorti en 1973. Ce choix visuel n'a rien d'anodin : en 1976, le rock britannique cherche encore ses icônes après l'apogée du glam, et cette imagerie de hors-la-loi romantique positionne Rebel comme un disque d'auteur ambitieux, loin du simple produit dérivé d'un tube radiophonique. La photo de pochette, prise en studio avec une mise en scène soignée, contraste volontairement avec l'image plus consensuelle qu'aurait pu véhiculer un chanteur connu pour une ballade orchestrale diffusée sur les radios grand public.

Quel accueil « Rebel » a-t-il reçu à sa sortie ?

Porté par le succès de "Music", l'album s'est vendu bien au-delà du Royaume-Uni : il s'est classé dans les charts australiens et canadiens (RPM) durant l'été 1976, et a même effleuré le Billboard 200 américain, culminant à la 171e place – un score honorable pour un premier album britannique face à la concurrence du rock FM américain de l'époque. Au-delà des chiffres, "Rebel" a marqué les critiques par son ambition art-rock : morceaux amples comme "You Have It All" (7:09) ou "Pull The Damn Thing Down" (7:16), reprise instrumentale de "Music" en clôture d'album, orchestrations soignées. C'est cette cohérence qui a fait de Rebel l'album le plus abouti de toute la discographie de John Miles, davantage qu'un simple véhicule pour un hit unique. Les critiques de l'époque saluent notamment l'équilibre trouvé entre ambition orchestrale et efficacité pop, un exercice périlleux que peu d'artistes britanniques de la même génération réussissent à ce niveau dès leur premier album.

Que devient John Miles après « Rebel », et pourquoi ce pressage français intéresse-t-il les collectionneurs ?

Si "Music" reste la chanson qui a fait connaître John Miles au grand public, sa carrière ne s'arrête pas là. Il devient l'un des musiciens de session et de tournée les plus demandés du rock britannique : guitariste dans le groupe de scène de Tina Turner de 1987 à 2009, il participe aussi à l'album "Outrider" de Jimmy Page en 1988 et à la tournée qui l'accompagne, puis joue de l'orgue Hammond sur "Night Calls" de Joe Cocker en 1992. Il tourne également avec Stevie Wonder. John Miles s'éteint le 5 décembre 2021, à l'âge de 72 ans, toujours fidèle au nord-est de l'Angleterre où une plaque commémorative lui rendra hommage.

Au milieu des années 1970, les albums Decca destinés au marché français transitent par Barclay, qui assure la distribution locale sous sa propre série de références (ici BA-253, associée au numéro de catalogue Decca 200.299). Ces pressages hexagonaux, tirés en quantités plus limitées que les éditions britanniques ou allemandes, sont aujourd'hui recherchés par les collectionneurs français de rock seventies, autant pour leur rareté relative que pour leur qualité de gravure. Trouver un exemplaire conservé en état VG+/VG+ pour le disque comme pour la pochette, cinquante ans après sa sortie, n'a rien d'évident : la pochette et le vinyle d'origine ont souvent subi les outrages du temps. C'est précisément ce qui rend cet exemplaire de John Miles - Rebel intéressant pour qui cherche à compléter une collection de rock britannique des années 1970 sans se contenter d'une réédition récente.

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Sources :

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