Sananda Maitreya - Introducing The Hardline According To Terence Trent D'Arby - Album 33T vinyle rouge

Sorti chez Columbia Records le 13 juillet 1987, Introducing the Hardline According to Terence Trent D'Arby est l'album qui a propulsé son auteur, alors âgé de 25 ans, au rang de phénomène planétaire : un million d'exemplaires écoulés en trois jours dans le monde entier. Porté par les singles "If You Let Me Stay", "Wishing Well" et "Sign Your Name", ce mélange de funk, de rock et de soul a dominé les classements britanniques pendant neuf semaines non consécutives. Ultra Disc propose aujourd'hui une réédition de ce classique en vinyle 33 tours rouge, pressée en édition limitée en 2024 sous le nom que porte désormais l'artiste, Sananda Maitreya. Mais ce disque est surtout resté dans les mémoires pour une raison inattendue : son interprète l'a un jour comparé, rien de moins, à Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles.

Qui est Terence Trent D'Arby avant de devenir Sananda Maitreya ?

Né en 1962 à New York dans une famille de pasteur pentecôtiste, le jeune homme ne se destine pas spontanément à la musique. En 1980, il remporte le championnat Golden Gloves de Floride en poids léger, une discipline qu'il pratique sérieusement avant de s'engager dans l'armée américaine. Affecté à Fort Sill, en Oklahoma, puis à la 3e division blindée stationnée en Allemagne de l'Ouest, il déserte en 1983. Cette rupture avec l'uniforme militaire marque aussi le vrai point de départ de sa vie d'artiste : il s'installe à Londres, chante un temps au sein d'un groupe local, puis se lance en solo sous le nom de Terence Trent D'Arby.

Ce passé de boxeur et de soldat déserteur n'est pas un détail anecdotique. Il façonne déjà le personnage public qui va émerger dès 1987 : un artiste sûr de lui, habitué à l'affrontement, peu enclin à la modestie face aux médias.

Pourquoi cet album a-t-il provoqué un tel raz-de-marée en 1987 ?

Enregistré entre 1986 et 1987, le disque sort le 13 juillet 1987 et s'impose aussitôt numéro 1 des classements britanniques, où il reste 65 semaines, dont 23 dans le top 10, un parcours détaillé par la fiche consacrée à l'album. Un porte-parole de CBS Records qualifiera alors sa percée commerciale de vente la plus rapide jamais enregistrée pour un premier album au Royaume-Uni. Le succès déborde largement les frontières anglaises : numéro 1 en Suisse, numéro 2 aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande, numéro 4 aux États-Unis. Au total, l'album se vendra à environ huit millions d'exemplaires dans le monde, certifié cinq fois platine au Royaume-Uni et deux fois platine aux États-Unis.

Le single "Wishing Well" atteint la première place du Billboard Hot 100 américain, tandis que "Sign Your Name" grimpe à la quatrième place aux États-Unis et à la deuxième au Royaume-Uni. Ces succès valent à son auteur une nomination aux Grammy Awards pour le meilleur nouvel artiste ainsi qu'un Brit Award de la révélation internationale de l'année. L'album figure aujourd'hui parmi les ouvrages de référence recensant les disques incontournables de l'histoire du rock, aux côtés des plus grands débuts de la décennie.

Avec le recul, la critique musicale a fini par dépasser l'image sulfureuse du personnage pour saluer la musique elle-même. Le journaliste britannique Daryl Easlea l'a ainsi décrit comme la bande-son du moment charnière où les années 1980 ont basculé de l'austérité vers l'opulence, un disque central pour comprendre toute cette décennie. Un jugement qui tranche avec la réception initiale, souvent focalisée sur l'ego de son interprète plutôt que sur la qualité de ses compositions.

A-t-il vraiment dit que son disque valait plus que Sgt. Pepper's ?

Oui, et la formule a fait couler beaucoup d'encre. Dans plusieurs interviews données au moment de la sortie du disque, le jeune chanteur affirme qu'il s'agit selon lui de l'album le plus important depuis Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. La déclaration, reprise par la presse américaine, installe durablement l'image d'un artiste arrogant, parfois davantage commentée que la musique elle-même. Il reconnaîtra plus tard que ses propos étaient en grande partie exagérés, expliquant qu'il jugeait parfois nécessaire de frapper les esprits pour capter l'attention du public.

Cette autopromotion fracassante contribue autant à sa notoriété qu'à la sévérité du retour de bâton critique qui accueillera son deuxième album, Neither Fish nor Flesh, deux ans plus tard. Le contraste entre les deux disques, l'un triomphal, l'autre commercialement décevant malgré des qualités musicales saluées depuis, nourrit durablement la légende d'un artiste à la trajectoire aussi fulgurante qu'incomprise.

Pourquoi l'artiste a-t-il changé de nom pour devenir Sananda Maitreya ?

Le virage s'amorce dès le milieu des années 1990 et se formalise légalement le 4 octobre 2001, lorsque Terence Trent D'Arby devient officiellement Sananda Maitreya. Ce choix traduit, selon les explications mêmes de l'artiste, une démarche personnelle et spirituelle plutôt qu'une conversion religieuse : il explique avoir voulu se libérer des attentes commerciales que l'industrie faisait peser sur lui depuis son explosion médiatique de 1987, et reprendre la main sur sa propre légende après quatre albums sortis sous contrat entre 1987 et 1995. L'ensemble de son catalogue d'origine a depuis été réédité sous ce nouveau nom, à l'image du pressage proposé ici, qui conserve le titre original tout en portant la signature de son identité actuelle.

Que vaut cette édition vinyle rouge limitée de 2024 ?

Ce pressage reprend la pochette iconique du jeune chanteur torse nu, une image qui a marqué l'identité visuelle de toute une époque de la pop anglaise. Cette réédition en vinyle rouge, sortie en 2024 en tirage limité, permet de retrouver sur un support vinyle un disque qui avait surtout circulé en CD et en cassette lors de sa sortie originale. Pour les amateurs de pop-soul des années 1980, elle rassemble sur un seul disque quatre standards devenus intemporels : "If You Let Me Stay", "Wishing Well", "Sign Your Name" et "Dance Little Sister", qui avait atteint le top 20 britannique.

Près de quatre décennies plus tard, Introducing the Hardline According to Terence Trent D'Arby reste un cas d'école : celui d'un disque dont la qualité musicale a longtemps été éclipsée par les déclarations fracassantes de son auteur, avant que le temps ne lui redonne sa vraie place parmi les plus grands débuts de la pop des années 1980. Tu veux l'écouter sur un support à la hauteur de son histoire ?

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Années 2020, Introducing the hardline, Sananda maitreya, Sony music, Soul, Vinyle coloré / édition limitée

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