Oasis - Go Let It Out - Maxi CD - Helter Skelter 2000

«Go Let It Out» est le premier single extrait de Standing on the Shoulder of Giants, quatrième album studio d'Oasis, sorti le 7 février 2000 sur le label Helter Skelter, distribué par Sony Music. Ce maxi trois titres occupe une place à part dans la discographie du groupe de Manchester : composé par Noel Gallagher, porté par une boucle de batterie samplée dans un vieux titre de blues et par un son plus sombre que les précédents tubes du groupe, il devient son cinquième numéro un britannique tout en étant le premier disque enregistré sans deux membres fondateurs. Le maxi réunit le titre principal et deux faces B absentes de l'album, « Let's All Make Believe » et « (As Long As They've Got) Cigarettes in Hell ».

Pourquoi ce single marque-t-il une rupture dans l'histoire d'Oasis ?

En août 1999, le bassiste Paul « Guigsy » McGuigan et le guitariste Paul « Bonehead » Arthurs, deux membres fondateurs présents depuis la création du groupe en 1991, quittent Oasis à quelques mois de la sortie de Standing on the Shoulder of Giants. Faute de remplaçants prêts à temps pour l'enregistrement, c'est Noel Gallagher qui joue lui-même la basse sur «Go Let It Out», en plus de la guitare électrique et acoustique, du Mellotron et de l'orgue Hammond, tandis qu'Alan White s'occupe de la batterie et Liam Gallagher du chant et du sifflet. Cette session réduite à trois musiciens explique en partie le son plus expérimental du titre, assez loin des hymnes de stade qui avaient fait la réputation du groupe au milieu des années 1990.

Le guitariste Gem Archer (ex-Heavy Stereo) et le bassiste Andy Bell (ex-Ride) rejoignent officiellement Oasis en novembre 1999, mais trop tard pour apparaître sur l'enregistrement studio du titre. Les deux recrues sont en revanche bien visibles dans le clip, tourné le mois suivant dans la campagne du Surrey, où Archer tient la guitare solo tandis que Noel Gallagher, pour l'occasion, se glisse derrière la basse.

D'où vient le groove qui ouvre le morceau ?

La boucle de batterie qui structure tout le morceau provient d'un sample de « I Walk on Gilded Splinters », version enregistrée par le bluesman américain Johnny Jenkins d'un titre original de Dr. John. Comme le détaille Songfacts, ce guitariste gaucher originaire de Géorgie avait contribué, au début des années 1960, à lancer la carrière d'Otis Redding au sein du même groupe de scène, avant qu'un certain Jimi Hendrix ne s'inspire ouvertement de son jeu renversé et de ses effets scéniques. Noel Gallagher réemploie ce fragment pour donner à «Go Let It Out» une pulsation hypnotique et une couleur blues assez inhabituelle pour Oasis à cette période de sa carrière.

Comment « Go Let It Out » devient-il le cinquième numéro un d'Oasis ?

Dès sa sortie le 7 février 2000, le single se classe directement en tête du UK Singles Chart, délogeant « Rise » de Gabrielle après deux semaines au sommet, comme le rappelle Official Charts. Il s'agit du cinquième numéro un britannique du groupe après « Some Might Say » (1995), « Don't Look Back In Anger » (1996), « D'Ya Know What I Mean? » (1997) et « All Around The World » (1998), preuve qu'Oasis reste une valeur sûre des classements malgré les bouleversements internes. Le titre culmine également en tête des hit-parades indépendants britanniques, irlandais, écossais, italiens, espagnols et canadiens, tout en se classant plus modestement hors d'Europe, à la 23e place en Australie ou à la 71e position du classement Modern Rock américain. Dans une interview accordée pour le DVD Stop the Clocks en 2006, Noel Gallagher qualifiera le morceau de ce qui s'est le plus approché, chez Oasis, du son d'un Beatles moderne, le plaçant nettement au-dessus du reste de sa production de cette période.

Que cachent les deux faces B de ce maxi ?

Le CD trois titres associe «Go Let It Out» à deux faces B absentes de l'album : « Let's All Make Believe » et « (As Long As They've Got) Cigarettes in Hell ». La première a depuis acquis un statut culte auprès des fans d'Oasis : le magazine britannique Q l'a classée en tête de son palmarès des 500 meilleures chansons perdues, estimant qu'elle aurait valu à l'album une étoile de plus si elle y avait figuré. Une reconnaissance rare pour un simple inédit de maxi, qui illustre une habitude fréquente chez Oasis durant les années 1990 et 2000 : réserver certains de leurs meilleurs morceaux aux faces B plutôt qu'aux albums eux-mêmes.

Pourquoi ce pressage européen Helter Skelter intéresse-t-il les collectionneurs ?

L'exemplaire proposé ici est un maxi CD trois titres pressé en Europe sous la référence catalogue HES 668485 2, distribué par Sony Music sous le label Helter Skelter, nom donné à la structure indépendante qu'Oasis venait alors de mettre sur pied pour gérer une partie de ses propres sorties. Ce pressage, classé NM/NM pour le disque et la pochette, appartient à la courte période de transition du groupe entre son fonctionnement avec les gros labels historiques et une gestion plus autonome de son catalogue, juste avant que Big Brother Recordings ne devienne sa structure durable pour les années suivantes. Pour les collectionneurs, ce maxi reste l'un des rares formats physiques à réunir un single numéro un, un sample blues peu commun pour le groupe et deux faces B aujourd'hui considérées par beaucoup de fans comme supérieures à certains titres de l'album studio correspondant.

Avec sa boucle samplée venue du blues le plus pur et un line-up de fortune réduit à trois musiciens, «Go Let It Out» capture un moment de bascule dans la carrière d'Oasis : celui où le groupe, privé de deux membres fondateurs, a tout de même décroché un cinquième numéro un britannique. Un disque qui mérite une place de choix dans toute collection consacrée à la Britpop et à son âge d'or.

Voir si ce disque est disponible


Sources :
Wikipedia : Go Let It Out
Official Charts : Flashback 2000: Oasis Go Let It Out
Songfacts : Go Let It Out

Années 2000, Oasis, Rock

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