Depeche Mode - Only When I Lose Myself - Maxi CD - Reprise 1998

En septembre 1998, Depeche Mode publie Only When I Lose Myself, un titre écrit et enregistré spécifiquement pour la compilation The Singles 86>98, sans jamais avoir figuré sur un album studio. Coécrit par Martin Gore et produit par Tim Simenon, déjà aux manettes de Violator et d'Ultra, ce single marque le grand retour sur scène du groupe après quatre ans d'absence. Le maxi CD américain édité chez Reprise Records en 1998, que l'on trouve chez Ultra Disc, réunit cinq versions du morceau et de ses faces B, remixées notamment par Dan The Automator et Luke Slater. Un objet de collection qui documente une période charnière où Depeche Mode, réduit à trois membres depuis le départ d'Alan Wilder, redéfinit son fonctionnement.

Pourquoi Only When I Lose Myself n'a-t-il jamais figuré sur un album studio ?

Depeche Mode a composé ce titre uniquement pour accompagner la sortie de The Singles 86>98, la compilation qui rassemble les singles du groupe entre Black Celebration (1986) et Ultra (1997). Le single sort le 7 septembre 1998, trois semaines avant l'album, le 28 septembre. Il s'agit du premier single studio inédit du groupe depuis « It's Called a Heart » en 1985, soit treize ans sans nouvelle chanson conçue en dehors du cycle d'un album.

La rareté de la démarche se prolonge dans l'édition : Only When I Lose Myself fait partie des quatre seuls singles de Depeche Mode à avoir bénéficié de deux éditions limitées distinctes (« L » et « XL »), aux côtés de « Enjoy the Silence », « In Your Room » et « Suffer Well ».

Qui a écrit et produit ce titre ?

Le morceau est signé Martin L. Gore, comme l'intégralité du répertoire de Depeche Mode. Sa production revient à Tim Simenon, fondateur du projet Bomb the Bass, qui collabore avec le groupe depuis l'album Violator (1990) et venait de coproduire Ultra l'année précédente. L'enregistrement a eu lieu aux studios Eastcote à Londres, avec un mixage final réalisé aux studios Abbey Road. Stephen Hilton s'est chargé des programmations.

Le clip qui accompagne Only When I Lose Myself est signé Brian Griffin, un choix qui n'a rien d'anodin : le photographe britannique avait déjà réalisé les pochettes des cinq premiers albums du groupe, de Speak & Spell (1981) à Black Celebration (1986), avant de passer derrière la caméra pour cette réalisation.

Que contient ce maxi CD Reprise 1998 ?

Le pressing proposé par Ultra Disc correspond à l'édition américaine et canadienne du maxi CD, identifiable par son code-barres 093624454625 et son numéro de catalogue Reprise 9 44546-2. Il rassemble cinq titres : le remix de Dan The Automator du morceau principal, les deux faces B exclusives « Headstar » et « Surrender », un remix signé Subsonic Legacy et un remix de « Headstar » par le producteur techno britannique Luke Slater.

« Surrender » a une valeur particulière pour les collectionneurs : c'est la première face B exclusivement vocale de Depeche Mode depuis « My Joy », parue en 1993 sur le single « Walking in My Shoes ». C'est donc un des rares inédits chantés du groupe à n'avoir jamais été repris sur un album studio, ce qui explique l'intérêt persistant des collectionneurs pour ce Only When I Lose Myself en version maxi CD.

Le single a en réalité circulé sous une multitude de formats en 1998, ce qui complique son identification pour les acheteurs. Au Royaume-Uni, Mute a sorti un 12 pouces, deux CD (CD1 et CD2, ce dernier en édition limitée), et même une cassette single. En Amérique du Nord, Mute et Reprise ont coédité deux maxi CD au contenu différent, distingués par les collectionneurs sous les surnoms de pochette « grise » (catalogue 9 44546-2, celui que propose Ultra Disc) et « verte » (catalogue 9 44562-2), auxquels s'ajoute un double 12 pouces propre au marché américain. Le code-barres et le numéro de catalogue restent donc les seuls repères fiables pour savoir exactement quelle combinaison de remixes on tient entre les mains.

Comment le single s'est-il classé dans les charts en 1998 ?

Only When I Lose Myself a connu un succès international notable pour un titre pourtant hors album : numéro un au Danemark, en Hongrie et en Espagne, deuxième place en Allemagne, troisième en Italie, quatrième en Finlande et en Suède. Au Royaume-Uni, le titre culmine à la 17e place du classement officiel des singles, tandis qu'aux États-Unis il atteint la 61e position du Billboard Hot 100 et la deuxième place des ventes de maxi-singles dance. En France, il se hisse à la 29e place du classement SNEP.

Ce résultat confirme le statut particulier du morceau au sein de la discographie du groupe : même sans album pour le porter, ce titre a fonctionné comme un véritable single, preuve de la popularité que Depeche Mode conservait à la fin des années 1990.

Pourquoi ce single marque-t-il un tournant pour Depeche Mode ?

Le contexte de 1998 est celui d'un groupe qui se reconstruit. En 1995, le multi-instrumentiste Alan Wilder quitte Depeche Mode, réduisant durablement la formation à un trio : Dave Gahan, Martin Gore et Andy Fletcher. L'année suivante, Dave Gahan survit de justesse à une overdose, un épisode qui a marqué l'enregistrement difficile d'Ultra (1997), un album que le groupe ne défendra même pas sur scène.

The Singles 86>98, porté par ce single, sert alors de trait d'union : la tournée qui accompagne la compilation, The Singles Tour, est la première tournée du groupe depuis les Devotional et Exotic Tours de 1993-1994. Elle marque aussi les débuts de deux musiciens qui deviendront des piliers du son live de Depeche Mode pendant des décennies : le claviériste Peter Gordeno, qui reprend le rôle laissé vacant par Alan Wilder, et le batteur Christian Eigner. La compilation elle-même a été certifiée disque de platine aux États-Unis et en Allemagne, avec environ 500 000 exemplaires vendus outre-Atlantique, et double disque d'or en France avec 200 000 unités écoulées.

La tournée s'ouvre de façon inattendue à Tartu, en Estonie, début septembre 1998, avant de traverser l'Europe et de s'achever à San Sebastián, en Espagne, mi-octobre. Le groupe enchaîne alors sur un volet nord-américain de huit semaines, de Worcester (Massachusetts) jusqu'à Anaheim (Californie) fin décembre, avec une étape marquante au KROQ Almost Acoustic Christmas à Los Angeles, où Billy Corgan, chanteur des Smashing Pumpkins, rejoint Depeche Mode sur scène pour interpréter « Never Let Me Down Again ». Pour accompagner cette actualité, le groupe publie également une compilation vidéo, The Videos 86>98, réunissant l'ensemble des clips de la période.

Pour un pressing d'apparence modeste — un maxi CD de l'ère pré-streaming — Only When I Lose Myself condense ainsi une bascule complète dans l'histoire du groupe : la fin d'une période de crise, le retour sur scène, et l'arrivée d'un line-up qui allait accompagner Depeche Mode pendant les décennies suivantes.

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Sources :
Wikipédia (EN) — Only When I Lose Myself
Wikipédia (EN) — The Singles 86>98
Wikipédia (EN) — Tim Simenon

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